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  • : Un père et deux de ses fils bénévole sur le chantier médiéval de Guédelon
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Pour voir ou revoir l'émission "ça manque pas d'air" de France 3 Bourgogne-Franche-Comté sur Guédelon, un clic sur le lien ci-dessous, et en haut à droite dans Retrouver les émissions par date: voir à lundi 20 avril 2009.

http://bourgogne-franche-comte.france3.fr/evenement/cmpda/

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 16:38




























 

L'idée folle, de la construction d'un château fort du XIIIe siècle, est née ici dans les tréfonds du château de Saint Fargeau*.

 

Petite histoire du château de Saint Fargeau : Au départ, Saint-Fargeau était un rendez-vous de chasse fortifié construit en l'an 980 par Héribert, évêque d'Auxerre, et fils naturel d'Hugues Capet. . Jacques Cœur en fut propriétaire au XVe siècle. Le château fut reconstruit en 1453 sur les bases de l'ancienne forteresse par  Antoine de Chabannes, après la disgrâce de Jacques Cœur.

500 ans plus tard, en 1979, Michel Guyot rachète le château en très mauvais état et entreprend de le restaurer.

 
* http://www.chateau-de-saint-fargeau.com 

 






























 

Après avoir passé de longues années à la restauration de son château, Michel Guyot, entreprend de déblayer le fond de la tour de la chapelle, qui s'était écroulée sur elle-même quelques siècles auparavant, Michel, y fait une superbe découverte.

En premier lieu, un escalier de pierre qui descend vers le bas de la tour, puis une ouverture en brique résultat des modifications du 15e siècle, qui mène à une chambre de tir, ensuite, un deuxième passage, qui a été percé à travers le mur du XIIIe siècle et qui aboutit dans une autre chambre de tir.

Sur cette photo la troisième ouverture, en bas à droite, est une archère du XIIIe siècle.































 

Vue du fond de la tour, les ouvertures qui mènent aux deux chambres de tir crées au XVe siècle.





























 


A l'intérieur de la 2ème chambre de tir :

A droite : le passage qui transperce le mur de la tour de la chapelle, en face : le mur du XIIIe siècle, en grès ferrugineux venu déjà à l'époque de la carrière de Guédelon et sur la gauche : le mur de chemisage en brique rajouté au XVe siècle (environ 3m d'épaisseur à la base)

 

(Antoine de Chabannes, comte de Dammartin, fit chemiser l'ancienne forteresse de grès ferrugineux d'un épais manteau de briques, pour la protéger des boulets de fer, qui n'existaient pas deux siècles plutôt.

Le grès résistait assez bien aux boulets de pierre tirés par les Mangonneaux* ou les trébuchets* du XIIIe siècle, mais très mal aux boulets de métal tiré par les canons à poudre du XVe siècle)

   

*Mangonneau : http://medieval.mrugala.net/Armes%20de%20siege/Mangonneau.htm

*Trébuchet : http://medieval.mrugala.net/Armes%20de%20siege/Trebuchet.htm

 Armes de siège: http://medieval.mrugala.net/Armes%20de%20siege/index.html







































 

Autre photo de la chambre de tir, où l'on distingue très bien le mur de protection en brique rajouter au XVe siècle sur le mur arrondi de la tour de la chapelle du XIIIe siècle.

 






























Dans une autre pièce du château de Saint Fargeau, les archéologues ont effectué un sondage dans le mur de briques pour retrouver derrière l'ancien mur de grès.






























 

Chaque tour du château de Saint Fargeau est munie, à sa base, de galeries de contre-mines, percées aux endroits stratégiques de canonnières pour le tir rasant. Elles servaient de défense, bien sûr, mais étaient destinées également à amortir l'effet de souffle provoqué par l'explosion des mines. Ces galeries admirablement conservées ont des voûtes parées de briquettes.

 

La qualité de mes photos n'est pas excellente, car tous ces endroits du château sont exigus et mal éclairés.













Après cette découverte, Michel Guyot n'eut plus qu'un souhait celui de voir se reconstruire son château, tel qu'il était au XIIIe siècle.

Aidé de quelques archéologues, il peaufine son idée à laquelle peu de personnes ne croient en ces années 90, où les projets porteurs sont plutôt les grands parcs d'attractions ( Disneyland, Parc Astérix, Futuroscope, etc.)

Avec le soutien de Maryline Martin directrice actuelle du chantier

et d'un groupe d'amis, il crée une association en 1997 afin de démarrer la fabuleuse et unique histoire du château de Guédelon.





Pour en savoir plus sur les débuts de Guédelon, voir le livre de Michel Guyot ci dessus:

 

http://www.amazon.fr/gp/product/2709628481?ie=UTF8&linkCode=as2&camp=1642&creative=6746&tag=noezacom-21&creativeASIN=2709628481






En 1997 le rêve se concrétise en Guédelon chantier médiéval*.




























L'association, après avoir acheté à 10 kms de Saint Fargeau une carrière abandonnée depuis plusieurs décennies, l'a fait nettoyer par les premiers salariés du chantier médiéval.

Au fond de la carrière, on peut apercevoir l'épave d'un autobus. 

 

* http://www.castlemaniac.com/chateau-medieval/guedelon.php





























Quelques mois plus tard, le terrain a été compacté et aplani afin de recevoir les tonnes de pierres de mortier et de bois qui vont constituer le seul château médiéval construit aux XXe et XXIe siècles.



























Michel Guyot, devant un rêve, qui commence à sortir de terre.


Pour répondre à la question que certains vont se poser et faire taire les mauvaises langues, je vais vous expliquer pourquoi en 1997 la base des murs du château était grise.

Eh non ce n'ait pas du ciment qui donne cette couleur grise au mortier !!!

Guédelon étant à ma connaissance en 1997 comme aujourd'hui le seul chantier d'archéologie expérimental au monde, où l'on bâtit un château comme au XIIIe siècle, les oeuvriers de la première heure n'avaient aucune expérience en mortier médiéval.

Ils ont donc monté les premiers murs avec de la chaux hydraulique* et du sable de rivière, mais ils se sont vite aperçus que la recette de leur mortier n'était pas la bonne.

Avec le comité scientifique*du chantier, ils ont passé quelques mois à chercher la bonne formule.

Il a tout d'abord fallu trouver un fournisseur de chaux aérienne, fabriquée à l'ancienne, ils ont trouvé, Mr Pinel*, un des derniers petits chaufourniers de France.

Ils se sont aussi rendu compte que s'ils voulaient des joints de la même couleur que la pierre utilisée pour construire le château, il fallait remplacer le sable blanc de rivière par la terre couleur rouille de la carrière de Guédelon.

Après des tests comparatifs entre le mortier du château XIIIe siècle de Ratilly* et le futur château de Guédelon séparé d'une poignée de kms l'un de l'autre, les archéologues ont conclu que les deux mortiers étaient comparables malgré 700 ans d'écart.

Avec ce nouveau mortier de chaux, ils ne restaient plus aux maçons qu'à rejointoyer les murs déjà montés, avant de poursuivre la construction.

 

* http://www.ecole-avignon.com/technique/types-chaux.htm

* http://fr.wikipedia.org/wiki/Guédelon 

* www.calci-chaux.com

 * http://www.passionchateaux.com/ch_ratilly.htm


























 

 

Les contours du futur château en 1997.

Au fond de la photo la motte castrale*, qui a été la première construction du site.

 

*Motte castrale :  ouvrage de défense médiéval composé d'un rehaussement important de terre, de forme circulaire, au sommet de laquelle est édifiée une tour de bois ayant fonction de donjon.

 La motte castrale est considérée comme le précurseur du château fort.
































Le château, 10 ans plus tard, belle évolution.





























Les bases du château vues d'un autre angle.

Vous vous demandez peut-être, pourquoi au début du chantier en 1997 la base des deux tours d'angle de la face du château était carrée.

La réponse est que l'architecte qui a dessiné les premiers plans s'était fait un petit plaisir en créant deux tours rondes avec base carrée, mais cela ne correspondait pas à l'architecture d'un petit château provincial.

Début 2000 les deux moignons de tours ont été cassés, puis les maçons ont reconstruit des bases de tour ronde.

On appelle cela de l'archéologie expérimentale.

* ( A voir en bas de page, gravure de Guédelon avec tour carré)
































Le même angle en 2007.




























Arrière du château de Guédelon en 1997.































Guédelon en 2007.




























Courtine Ouest 1997.
































Courtine* Ouest 2007.

 

*Courtine : partie de mur entre deux tours.  http://qui.quen.grogne.free.fr/technique/courtine.php




























Sur cette photo, on distingue très bien, posé sur le sol, de gros blocs de grès non taillés, qui délimitent le pourtour du château et servent aussi de fondation à celui-ci.





























Petit nettoyage du chantier avant l'ouverture au public le 1er mai 1998.


























 


En mai 1998 les premiers visiteurs du chantier.

Ils étaient courageux ces premiers visiteurs, car à l'époque il fallait le chercher le château sur des petites routes de campagne avec très peu de panneaux indicateurs, sans compter qu'ils y avaient peu de choses à voir sur ce chantier, un an après la pose de la première pierre.

A la grande surprise des créateurs du projet Guédelon, ils y aura 52.000 visiteurs en cette première année d'ouverture.

10 ans plus tard, ils seront 250.000 très bonnes progressions.

 

 

* (Gravure de Guédelon avec base de tours carrées, faite selon les premiers plans du château)



A bientôt

 

Retour à la page d'accueil: http://www.benevoleguedelon.com/

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